L'homme danseur dans la societe traditionnelle et le danseur dans le spectacle

I - SOCIETE TRADITIONNELLE ET DANSEUR:

Dans les sociétés traditionnelles, la danse a toujours été présente depuis la nuit des temps.Elle marque tous les moments de la vie. L'homme danseur y est largement admis car il est là dans un rôle bien précis défini par la société elle-même.

- DANSES FOLKLORIQUES

Chaque régions de France, chaque pays possède un répertoire de danses. Celles-ci sont souvent inspirées par les corporations de métiers (paysans, marins,fileuses....) comme par exemple le Branle de Saint Elme en Provence qui se danse lors de la mise à l'eau de nouveau bateau.Danseurs et danseuses y ont un rôle égal.

En Grèce, le Syrto se danse diféremment suivant les régions. En Thrace il se danse en couple, l'homme et la femme menant un jeu de séduction. En Crête, par contre, c'est une danse exclusivement masculine. Dans ses danses l'homme y joue un rôle de complémentarité avec sa danseuse ou bien y tient un rôle faisant apparaître son côté viril.

-DANSES DE SOCIETE

Forme de danse de divertissement pratiquée en réunion, la danse de société se différencie de la danse spectacle (scène) et de la danse folklorique par l'absence de public organisé qui la caractèrise. Ce sont des "danses à deux" ou "danses de couple". Elles sont pratiquées lors de bals, thés dansant et autres guinguettes. Le danseur guide la danseuse, il doit la sentir et être en connexion avec elle.

Dans la valse l'homme enlace la femme, ce qui au début, était considéré comme inconvenant, le danseur étant face à la danseuse (couple fermé) et non à côté de sa partenaire comme dans les danses "bienséantes" comme le menuet par exemple.

Parmi ces danses il en est une interessante: le Tango

Il trouve ses origines à Buenos Aires en Argentine à la fin du XIXème siècle. Au début il se danse dans les taudis et les lupanars. Cette danse est vite associée à l'ambiance des bordels. L'univers très masculin amène parfois les hommes à danser entre eux. Le tango est dansé de façon très "corporelle", il est provocateur, très éloigné des bonnes moeurs de l'époque. Il va se transporter à Paris où il obtiendra son titre de noblesse. D'abord objet de curiosité il devient à la mode et fait fureur.Paris étant la capitale du chic, le tango va être danser dans les capitales européennes.Malgré tout, ce succés sera entaché par le rejet de la société puritaine qui juge le tango indécent fait de gesticulations répugnantes.

Autre phénomene, le hip-hop, rap et break dance se développe aux Etats-Unis. Ces danses sont l'apanage au départ des bandes de quartiers. Les jeunes des garçons pour la plupart la pratique dans la rue.

II - LE DANSEUR MASCULIN DANS LE DOMAINE DU SPECTACLE:

 Balanchine a dit "Ballet is woman" révélant ainsi la place essentielle de la danseuse dans un domaine où les hommes s'illustrent pour tant à merveille comme en témoignent les virtuoses tels que Noureev et Baryshnikov.

 La technique du danseur dans le ballet classique prend naissance dès ses début. En effet dès la création de l' Académie Royale de Danse fondée par Louis XIV, le ballet est exclusivement réservé aux hommes.Ils y occupent toutes les fonctions de la conception des ballets à l'enseignement jusqu'à l' interprétation de tous les rôles. Ce n'est qu'à l'avènement des pointes que l'ideal romantique envahit la scène avec des ballets comme "La Sylphide". La danse devient alors essentiellement féminin et aérienne. Le danseur est juste là pour mettre en valeur la danseuse.

  

Il va reprendre ses droits avec la venue de chorégraphes qui vont remettre le danseur à sa juste place dans le ballet.

Les Ballets Russes vont ouvrir la voie au danseur notamment avec Nijinski engagé par Serge de Diaghilev. Soliste dès la première saison parisienne son suucés est immédiat. Le public parisien, qui à l'époque goûte fort peu la danse masculine découvre avec stupéfaction la valeur artistique du jeune prodige. Desservi par un physique ingrat, avec sa petite taille, ses cuisses et ses chevilles épaisses, il envoûte le public à chaque apparition. Il est l'étoile des Ballets Russes.Il va mettre en avant le danseur masculin en relégant la danseuse au deuxième plan (Le spectre de la rose,l'après-midi d'un faune).

 

Aux Etats-Unis, Ted Shawn (1891-1972), représentant de la danse moderne, est déterminée à prouver que les garçons ont leur place dans le monde de la danse; il crée une compagnie exclusivement masculine. Ses chorégraphies mettent en avant des mouvements athlétiques et une thématique "virile".

Plus près de nous, Noureev, danseur puis directeur de la danse à l'Opéra de Paris, revalorise la danse masculine. Il travaille avec des chorégraphes contemporains et depasse les clivages "classique/moderne". Lorsqu'il reprend les ballets classiques à l 'Opéra il remet les rôles masculins au centre de l'histoire en leur donnant une épaisseur psychologique et les sort du rôle traditionnel de mise en valeur de la danseuse.

Autre acteur important dans le développement de la danse masculine , Maurice Béjart qui met en avant le danseur masculin poussant son érotisme dans une gestuelle virile loin du rôle de faire-valoir de la ballerine classique. Il recréera son "BOLERO" réglé d'abord pour une danseuse pour Jorge Donn. On peut y voir le danseur évoluer seul sur une table ronde avec d'autres danseurs autour. Bejart développe l'importance des ensembles masculins dans ses ballets.

  

On peut observer que certains chorégraphes et danseurs se réapproprient des oeuvres faisant au départ l' apogée de la danseuse. Pour exemple le chorégraphe anglais Matthew Bourne a grandement revisité le LAC DES CYGNES , tous les cygnes étant dansés par des hommes. Bourne transpose l'action au XXème siècle, le prince Siegfried tombe amoureux d'un cygne harnaché de cuir et bissexuel.Bourne associe la force et l'envergure des cygnes à des danseurs mâles plutôt qu'à des ballerines en tutus blancs.

En 1974 est crée le TROCADERO BALLET de MONTE-CARLO. Cette troupe composée uniquement d'homme, a la spécificité de reprendre tous les ballets du répertoire et d'y tenir tous les rôles.On peut s'attendre à assister à un ballet de travestis habituels mais il n'en est rien. Les danseurs mêlent une technique époustouflante et un humour décapant. Ils nous offrent une parodie de la danse classique mais toujours en finesse et sans vulgarité aucune.

 

 

Autre registre le hip-hop a amené les garçons à la danse. De danse de rue il devient véritable spectacle. La technique se développe et les danseurs qui le pratiquent ont un entraînement intensif. Souvent, d'ailleurs  ces garçons prendront quelques cours de classique pour faire évoluer leur technique. 

Qui dit spectacle dit costumes et celui du danseur a évolué au fil des époques.

Sous Louis XIV les danseurs sont encoombrés de masques, de perruques ou de coiffures imposantes, ils portent des chaussures à talons. Ils portent le tonnelet, une sorte de jupon à cerceau descendant aux genoux. Le costume suit la mode. Rigidité, beauté des formes sont conformes à un canon fixé et l'esthétique de Louis XIV.

 

Fin XVIIIème masques, perruques et tonnelets disparaissent. Le costume révèlent la ligne des épaules et les bras sont libérés. Il devient plus fonctionnel pour la danse.

Au XIXème siècle les hommes portent le collant qui leur permet des prouesses techniques.

 

Les XXème et XXIème siècle verront le costume prendre des formes multiples parfois jusqu'à disparaitre pour dévoiler le corps. Bejart met ses danseurs en jeans et débardeurs.

 

 

Ceux qui dansent le hip-hop portent les habits des jeunes banlieusards, un bonnet est nécessaire pour tourner la tête sur le sol.

 

                                                                                                                                                                                                                                     

 

 

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